Je lui disais qu’il avait contribué pour une part au fait que je me sentais vraiment bien en ce moment : le boulot, la plage, et l’été… lui. De son balcon on voyait la plage. Des vieux jouaient à la pétanque. « Tu sais ? Je te dis ça pour que tu saches… que ça va aller mieux… et puis tu rentres chez toi dans moins d’un mois, maintenant. »
Au fond, je ne voulais pas qu’il aille mieux et je ne désirais pas qu’il parte. L’été aurait pu continuer comme cela. Non c’est faux… je voulais qu’il aille mieux, qu’il oublie le traumatisme qu’il avait raconté au moment de notre « première fois »… au fond je ne savais pas vraiment… de l’impression de l’avoir toujours connu ne restait plus rien… je ne le connaitrai jamais.
Je ne le regardais pas quand je pensais « mais comment a-t-il pu se confier à moi si vite et paraître si distant maintenant. » Je ne comprends pas très bien comment je peux de mon coté paraitre si passionnant et perdre tout mystère au bout de quelques semaines.
Au fond socialement il s’apparentait à un moins que rien. Une fois, j’étais sur la plage (sans qu’il le sache : je peux être mystérieux parfois finalement) et de loin je l’ai vu… seul, des écouteurs sur les oreilles, tout rabougris, tout dépressif. Je n’ai pas réalisé que sa dépression était réelle. Ce jour là, presque caché sous ma serviette de bain, je le voyais comme un pauvre type. Je n’ai ressenti aucune compassion.
Aujourd’hui, chez lui, je me disais que pour la dernière fois j’espérais qu’il reste. Il ne resterait pas. Il était en dépression, je n’étais pas mystérieux, Il n’avait pas besoin de moi pour vivre… et moi non plus.
Sur le parking, je jette un regard sur sa voiture, une Mégane. La certitude de ne plus le voir m’avait laissé sec, mais l’étrange code de sa plaque d’immatriculation m’a particulièrement obsédé… la voiture du propriétaire silencieux me disait adieu à sa place, à sa manière … que d’émotion : « adieu, au moins tu es gentille toi ».